Durant la période printemps-été et une partie de l'automne, les troupeaux paissaient sur les prairies incultes. Au début de l'automne ils descendaient des collines vers les plaines. Souvent leur trajet arrivait jusqu'aux côtes, où ils hivernaient.
Sur les montagnes du Cimone, en Emilia-Romagna, et du Gran Sasso dans les Abruzzes, la transhumance est encore aujourd'hui un spectacle. Du Cimone les troupeaux descendent vers la vallée du Pô et souvent vers les côtes Adriatiques. Depuis le Gran Sasso la descente vers les Pouilles est habituelle.
Il est clair que la vocation fromagère de ce territoire est celle du Pecorino. Souvent, les bergers fabriquent ce fromage au lait de brebis, aux tailles et aux formes variées, directement au pâturage.
Le Pecorino : un fromage aromatique et légèrement piquant
Tout d'abord, il faut dire que trois sont les AOP les plus répandues et produites dans plusieurs régions sont : le pecorino romano, produit en Sardaigne (97 %), en Toscane (2 %) et dans le Latium (1 %), le pecorino toscano qui est produit à la fois en Toscane et dans le Latium et le pecorino sardo produit en Sardaigne. Les autres fromages pecorino sont produits essentiellement au niveau régional et souvent provincial, où ils assument une forte spécificité géographique.
La première trace écrite d'une variété de pecorino romano remonte à l'époque romaine. De nombreux auteurs romains, comme Pline l'Ancien, en parlent dans leurs œuvres. Sa capacité de conservation et sa haute valeur nutritionnelle en faisaient, par ailleurs, un aliment de base pour l'armée romaine. D'après Virgile, une ration quotidienne d'une once (27 grammes) était distribuée à chaque légionnaire en complément de la soupe d'épeautre et du pain.
Un ingrédient précieux en cuisine
Le Pecorino est un ingrédient fondamental de nombreux plats de la cuisine romaine. On ne pourrait pas imaginer les pâtes à l’Amatriciana, à la Carbonara ou Cacio e pepe sans le Pecorino Romano. À Rome et dans sa province la tradition est de consommer des fèves et du pecorino (Pecorino e Fave) pour célébrer le 1er mai. Aujourd'hui cette coutume s'est étendue aussi à d'autres régions d'Italie. Affiné, le Pecorino Romano s’accompagne parfaitement avec un vin rouge Cesanese del Piglio AOC. Le goût intense et salé du fromage contraste harmonieusement avec la douceur du vin, donnant lieu à un parfait équilibre gustatif.
A l’instar du Parmigiano Reggiano, avec le Parmesan cheese, le Pecorino Romano également a eu droit à son imitation dans le nouveau monde, le Roman cheese.
Dans sa monumentale « Naturalis historia », Pline l'Ancien mentionne aussi le Pecorino Toscano. Il décrit certains passages de la production de ce fromage en Toscane. Autrefois il portait le nom de cacio marzolino car sa production commençait au mois de mars. C'est en effet sous ce nom qu'on le trouve dans des documents sur le fromage toscan de la fin du XVIIIe siècle.
C'est un fromage obtenu à partir de lait de brebis entier à texture molle ou mi-dure. La forme est cylindrique pour un diamètre variant entre 15 et 22 cm et un poids de 1 à 3,5 kilos. La pâte a une structure compacte et dure à la découpe. La couleur est blanche ou jaune paille plus ou moins intense. La croûte externe est de couleur jaune avec nuances plus foncées. La saveur est parfumée et aigue, en raison de ses procédés de fabrication.
Le Pecorino Sardo, l’un des plus anciens fromages de Sardaigne
Des découvertes archéologiques ont démontré que déjà à l'époque de la civilisation nuragique la population de l'île se consacrait à l'élevage de moutons. Les conditions environnementales et climatiques de l’île ont toujours été très favorables aux pâturages.
Il existe 2 types de Pecorino Sardo : affiné et doux. Le premier est de forme cylindrique et pèse entre 1,7 et 4 kg. La croûte est lisse et de couleur brune. Le fromage est blanc, tendant vers le jaune paille au fur et à mesure de l'affinage. Texture compacte ou peu trouée, avec une saveur forte et agréablement épicée.
La version douce, quant à elle, a un poids variant entre un kilo et 2,3 kilos. La croûte est lisse et fine avec une couleur blanche ou paille pâle. À première vue, la pâte est blanche, molle, compacte ou peu trouée, au goût sucré et aromatique.
Côté cuisine, on le retrouve râpé dans les « Malloreddus à la Campidanese », et en version sucrée dans le traditionnel dessert Sarde « Seadas »